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Etape par étape, l'élaboration de la réglementation an agriculture biologique suit un cheminement qui associe administration et professionnels de la Bio. |
1 La réglementation bio
La réglementation européenne
La réglementation européenne en matière d’agriculture biologique est essentiellement concentrée dans le règlement 2092/91 (1991) qui a été modifié en 1999 afin d’y introduire les productions animales (REPAB).
Comme tous les règlements européens, il s’applique directement sur tout le territoire européen (contrairement aux directives, qui doivent être traduites dans chaque droit national), et il est supranational. Les réglementations nationales sur l’agriculture bio (en France, les cahiers des charges animaux et végétaux agréés) sont donc devenues caduques à la sortie de ce règlement.
Le règlement 2092/91 prévoit cependant quelques exceptions :
- possibilité d’avoir des cahiers des charges animaux nationaux pour les productions non couvertes par le règlement européen (ex : pisciculture)
-droit de subsidiarité sur les productions animales : les Etats peuvent avoir un règlement plus strict à ce sujet s’ils le désirent (ex : le CC REPAB F en France)
- les amendements, engrais, pesticides, additifs… autorisés par le règlement 2092/91 doivent aussi l’être par le règlement général de l’Etat pour y être utilisable (ex : acide oxalique)
La réglementation qui s’applique en France
Pour les productions végétales, c’est le règlement 2092/91 qui s’applique.
Pour les productions animales, le CC REPAB F durci la réglementation européenne sur certains points. Il s’agit essentiellement de dérogations temporaires prévues par le REPAB qui n’ont pas été retenues dans le CC REPAB F, ou dont le terme a été rapproché
Il y a également quelques points nouveaux, comme le lien au sol obligatoire, et le maintien de certaines règles qui existaient précédemment dans les cahiers des charges français sur les produits animaux (règles de transformation, traçabilité, plan de contrôle…).
Les guides de lecture
Deux guides de lecture de la réglementation existent en France : un pour les productions végétales (2002), un pour les productions animales (2000).
Le but est essentiellement d’éviter qu’il y ait de multiples interprétations de la réglementation, et d’harmoniser les contrôles. Le rôle des guides de lecture n’est pas d’introduire de nouvelles règles.
Ces guides de lecture sont revus périodiquement au sein du CNAB de l'INAO.
Interaction avec la réglementation générale
Le règlement 2092/91 entre en interaction avec plusieurs autres directives et règlements européens. On peut notamment citer la Directive nitrates, la Directive bien-être… Ainsi, un agriculteur en ZES (zone d’excédent structurel) ne pourra faire venir de fumier bio d’un autre canton, même s’il n’y en a pas de disponible dans le sien.
2 - Où se décide la réglementation ?
Modification d’un article du règlement européen
En résumé, c’est le Conseil des ministres européens de l'agriculture qui vote ces modifications sur proposition de la Commission après avis du Parlement européen. En réalité, de nombreux aller-retours, des consultations d’experts des divers pays et l’approbation requise du Conseil des ministres concernés compliquent beaucoup la procédure. Elle dure au minimum 1 an.
Modification d’une annexe du règlement européen
Le Comité Permanent de l’agriculture biologique propose et vote ces modifications. Il siège à Bruxelles. Il est composé des représentants de chaque pays, ainsi que de la Commission européenne qui assure l’animation. Les décisions y sont prises au consensus. La France y est représentée et consulte les représentants de la bio avant et après chaque réunion du Comité, notamment au travers de la Section agriculture biologique.
Modification du CC REPAB F et des guides de lecture français
C’est le ministère de l’agriculture qui en est responsable. Il est appuyé dans ce rôle par le CNAB de l'INAO qui a un rôle consultatif.
3 - Le CNAB
Le Comité Nationale de l’Agriculture Biologique (CNAB) est l’un des cinq comités et conseils de l’INAO (Institut National de l’origine et de la Qualité).
L’INAO, établissement public administratif sous tutelle du Ministère de l'agriculture, n’a intégré que très récemment l’agriculture biologique, qui était traité précédemment au sein de la CNLC (Commission Nationale des Labels et de Certifications)
On y discute du règlement français et européen (position portée par la France à Bruxelles).
Ses membres sont nommés par le ministre de l’agriculture, et au moins 75% d’entre eux doivent avoir une activité significative en bio.
En Bref, le CNAB de l’INAO :
est un organe consultatif composé d’un collège de professionnels et d’un collège d’experts Ses rôles sont de :
-donner son avis sur les demandes d’homologation de cahier des charges en production animale bio
-émettre des avis sur les sujets en rapport avec l’agriculture biologique que lui soumettent le ministère de l’agriculture et le ministère chargé de la consommation
(Notamment en ce qui concerne la position française à Bruxelles)
-faire des propositions
Les membres :
-Ils sont nommés pour 5 ans par arrêté interministériel
-Les personnes sont notamment proposées par les organisations membres de l’Agence
bio, à savoir : la FNAB, le Synabio, l’APCA et Coop de France
-Il y a 1 titulaire par siège
4 - Le système de contrôle en France
Devoirs et rôles des organismes certificateurs
En France, le système de contrôle est délégué à des organismes privés agréés. Il leur faut l’accréditation du COFRAC et l’agrément du Conseil agréments et contrôles de l' INAO. Leur activité est définie par la norme européenne EN 45011. La surveillance des OC est assurée par : - un comité de certification - des audits de l'INAO et du COFRAC - un compte-rendu annuel aux ministères - des visites de la DGCCRF
Pour obtenir l’agrément les organismes de contrôle sont contrôlés sur : - leur plan de contrôles - leur grille et leur barème de sanctions - leurs moyens en personnel qualifié - leur objectivité et leur indépendance.
Les obligations des OC : - obligation de moyens : le plan de contrôle - obligation de sanction : barème et grille de sanction.
En France, les fréquences des contrôles sont harmonisées (en général, 1, 5 contrôle par an), mais les moyens restent propres à chaque OC.
Conseil agréments et contrôles de l' INAO
Il émet un avis sur les demandes d'agrément de tous les organismes certificateurs, labels, certification de conformité et du mode de production biologique pour le ministère de l’agriculture et le ministère chargé de la consommation.
On y trouve tous les opérateurs en relation avec les OC (producteurs, fournisseurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs, OC…).
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